Musées & WoK


Gopher 1991, Lycos 1993, Google 1999, le web grand public n’existe que depuis une vingtaine  années mais il a bouleversé bien des domaines, et notamment l’ensemble des institutions et médias culturels.

Pour beaucoup de gens, et notamment chez les jeunes, Internet est même devenu le premier mode d’accès à l’information.

Dans de nombreux pays, les projets de numérisation d’œuvres d’art et de textes historiques sont fortement encouragés.

Dans ce contexte, comment le monde des musées et du patrimoine en général    pourrait-il échapper aux transformations en cours ? Comment ces derniers peuvent-ils être présents sur Internet ? Peut-on imaginer des projets muséaux uniquement sur Internet ?

Le WoK, espace web de création et de partage, d’indexation et de recherche multimédia dont la spécificité est d’associer textes, images et sons, constitue une réponse idéale à ces questions en offrant aux institutions muséales un instrument de diffusion de la connaissance artistique et patrimoniale via Internet.

Le WoK, musée virtuel, donne les clés d’une utilisation intelligente des technologies de l’information dans le domaine muséographique.

 

LE MUSÉE, UN ESPACE DE PARTAGE ET DE PROMOTION DES CONNAISSANCES

La meilleure définition du musée est celle de l’ICOM.

L’ICOM (International Council of Museums) est une organisation non gouvernementale (ONG) en relation formelle d’association avec l’UNESCO, créée en 1946. Elle réunit les musées et les professionnels des musées. Elle vise au partage des connaissances et à la promotion du patrimoine.

Selon elle, « Le musée est une institution permanente, sans but lucratif, au service de la société et de son développement, ouverte au public et qui fait des recherches concernant les témoins matériels de l’homme et de son environnement, acquiert ceux-là, les conserve, les communique et notamment les expose à des fins d’études, d’éducation et de délectation. »

(http://icom.museum/definition_fr.html) 

Le terme musée réunit donc toute une série d’institutions très différentes, des galeries d’art contemporain aux monuments historiques en passant par les écomusées et les sites archéologiques. Mais tout musée possède une collection, et les musées ont la charge de préserver et de diffuser cette culture artistique et historique, culture qui est le bien commun de chaque société.

Chacun doit donc pouvoir y accéder et même pouvoir disposer de connaissances supplémentaires, de se les approprier en fonction de sa sensibilité, etc. Or Internet permet aux musées d’exposer leurs collections au plus grand nombre.

POUR LOGO TEXTE 2

 

LE MUSEE VIRTUEL, UNE SIMPLE BANQUE DE DONNÉES ?

Grâce à la numérisation et à Internet, les objets des collections des musées acquièrent une nouvelle qualité, l’ubiquité. En effet, un objet présenté sur Internet au moyen d’une bonne iconographie et d’une documentation peut être vu de partout et peut être associé à d’autres objets en tout temps.

La localisation de l’objet devient moins essentielle : ainsi un musée virtuel présentant un domaine scientifique ou une thématique peut présenter des objets provenant du monde entier comme un ensemble répondant à une certaine logique. Mais le musée n’a pas attendu Internet pour sortir de ses murs ; Internet ne constitue qu’un outil permettant cet éclatement du musée.

La question du musée virtuel a en effet été posée même avant la naissance des musées tels que nous les connaissons, à travers des tentatives de réunir les connaissances humaines sous d’autres formes que des collections réunies dans des lieux. Musée de papier, musée des moulages, musée imaginaire de Malraux constituent autant de modèles de musées virtuels. Bien sûr, les technologies actuelles, informatique en réseau, numérisation, rendent possible la mise en ligne d’immenses collections mais un musée qui met ses collections sur Internet via une banque de données n’est pas un musée virtuel à proprement parler. Il a simplement choisi ce support pour présenter ses collections.

En revanche, Internet peut constituer l’outil idéal pour la constitution d’un véritable musée virtuel, seulement s’il dépasse la collection muséale.

Or c’est exactement ce que propose le WoK, espace virtuel et collaboratif de création et de partage, d’indexation et de recherche multimédia.

 

LE WOK, UN ESPACE VIRTUEL ET COLLABORATIF DE CRÉATION ET DE PARTAGE DES CONNAISSANCES

Il n’existe donc pas encore de musée tel que le propose le WoK, mais le site culturewok.com en donne déjà une approximation.

Les pratiques pluridimensionnelles et plurisensorielles que propose le WoK, nous permettent enfin d’imaginer un musée virtuel qui se construit de lui-même sur Internet, grâce à une communauté d’internautes, et dont les outils puissants permettent d’extraire ces contenus, en fonction de la sensibilité de chacun. Car ce que met en avant le WoK, c’est la sensibilité de chaque personne. L’internaute peut ainsi faire ses recherches en fonction de ses envies, de ses sensations.

Pour l’instant, les collections muséales mise en ligne sont consultables pas des simples mots clés, à l’image des catalogues numérisés de bibliothèque. Ainsi nous ne pouvons observer une œuvre que si nous connaissons son auteur ou tout du moins le courant artistique auquel elle appartient. Ainsi sur le site du musée Guggenheim de Bilbao (http://www.guggenheim-bilbao.es/)  nous pouvons recherche une œuvre selon les artistes et même si, pour chaque œuvre le site propose une notice avec des images une biographie de l’artiste et parfois des documents audio ou vidéo, celui-ci vise surtout à mettre en avant le musée, à promouvoir ses activités et à faciliter la venue du public.

Nous pouvons ainsi imaginer créer un  véritable musée virtuel, créée selon les principes du WoK, et constitué d’un ensemble de données textuelles, iconographiques et musicales issues des collections d’un musée en particulier.

Le WoK permet donc de collecter, conserver et montrer des images. Mais ce qui le distingue d’un musée classique, c’est la stratégie de la collection. Alors qu’un musée suit une ligne muséographique classique (par artiste, époque, courant artistique…) le WoK lui suit la sensibilité de chacun. Il constitue un système universaliste, et s’étend à tous les thèmes que ses utilisateurs lui proposent.

Jessica Fèvres -Voir sa thèse-